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Presse

« Douze preuves d’amour »: la Bourse Révélations Emerige expose ses lauréats 2022

Connaissance des arts

Sous le titre de « Douze preuves d’amour » se cache la 9e édition de la Bourse Révélations Emerige. Installée confortablement au « 190 Lecourbe », dans le 15e arrondissement de Paris, cette sélection de douze jeunes artistes contemporains montre le haut niveau de cette compétition dont le gagnant sera révélé le 18 octobre prochain. À noter cette année une initiative bienvenue : chaque participant a pu produire une lithographie dans l’atelier de Michael Woolworth, qui est vendue à 150 euros ! L’exposition est présentée du 7 octobre au 13 novembre.

Les Mangeurs d’images de Dora Jeridi

Commençons par mes préférés. D’abord les peintures de Dora Jeridi. Dans l’exposition, deux diptyques se répondent. Tous deux baptisés Les Mangeurs d’images, ils sont constitués de deux parties aux styles très différents. D’un côté, une peinture très figurative et soignée représentant des personnages en train de lire mais dont le visage est effacé. De l’autre côté et comme en miroir, un dessin au fusain expressionniste de figures à la bouche ouverte. Cri ? Disparition ? Ces iconophages semblent manger leur propre reflet. Entre Munch et Bacon.

Portraits et natures mortes d’Abdelhak Benallou

Jeune diplômé des Beaux-Arts de Paris, Abdelhak Benallou (né en 1992) présente ici de grands portraits vus à la lumière d’un écran d’ordinateur. Ils sont exposés en série et montrent les différentes intensités lumineuses qui éclairent les visages. Près d’eux, de petites natures mortes prouvent ces qualités de peintre. Il joue du grain de la peau d’une mandarine aussi bien que des reflets lumineux qui s’accrochent sur la panse d’une théière en porcelaine blanche.

 

Sculptures surréalistes de Léo Fourdrinier

« En détournant des symboles universels altérés du passé, Léo Fourdrinier montre comment ils peuvent modifier la perception des réalités contemporaines et futures », assure Gaël Charbau. D’esprit surréaliste (ici, on voit poindre Pointe à l’œil d’Alberto Giacometti), ses sculptures associent des éléments de récupération comme des châssis de moto ou de scooter à des néons ou des miroirs découpés.

Politiques du corps

Accrochés au mur, les vêtements blancs de Nefeli Papadimouli rappellent les sculptures textiles monumentales de Franz Erhard Walther avec leurs poches et leurs plis. Portés lors de performances comme celle du Playground Festival de Louvain en 2021, ils deviennent vivants et se déploient dans l’espace. On y retrouve les recherches de la jeune artiste grecque sur le théâtre, la danse et la psychanalyse car ces œuvres mouvantes et instables sont déployées suivant des protocoles et des tutos préétablis par elle.

Un écosystème digital immersif

Pour son installation dans l’obscurité, Valentin Ranger a imaginé un écosystème digital immersif où des motifs apparaissent, mutent et tissent un réseau de nouveaux récits, de nouvelles identités et de nouvelles formes. Virus et bactéries sont les acteurs de ces modifications. « L’être accueille et rejette, explique l’auteur. Il est à la fois l’hôte de corps étrangers et le voyageur de contrées lointaines ». Cette profusion ornementale emporte le spectateur dans d’étranges voyages.