Un projet né d’une carte blanche et d’un lieu hors du temps
En 2020, le Palais de la Découverte s’apprête à fermer ses portes pour plusieurs années de travaux. C’est dans ce contexte qu’Elsa & Johanna sont invitées par Gaël Charbau, commissaire d’exposition, à créer une série photographique inédite. L’occasion pour elles d’investir librement ce lieu emblématique de la culture scientifique française.
« Nous avons eu une carte blanche totale pour investir les lieux de manière libre et créative pendant plusieurs semaines » – Elsa & Johanna
Cette liberté donne naissance à une exploration en profondeur du bâtiment, bien au-delà des espaces connus du grand public. Le duo découvre les toits, les ateliers, les laboratoires, les réserves, mais aussi les équipes qui font vivre le lieu au quotidien. Ces rencontres humaines, avec les scientifiques, les menuisiers ou les techniciens, sont une véritable source d’inspiration.
Entre cinéma, science et fiction
Très vite, les artistes perçoivent le Palais comme un décor hors du temps, propice à la fiction. L’architecture, les couleurs, les objets scientifiques évoquent un univers cinématographique, presque surréaliste.
« Ces pérégrinations nous ont transposé dans un espace-temps assez spécial, qui nous rappelait parfois des scènes de cinéma ou de vie quotidienne teintées de mystère » – Elsa & Johanna
Palace Odyssée devient alors une série d’images inspirées de films emblématiques : Stranger Things, E.T., Mars Attack, Le Roi Lion ou encore Kirikou. Chaque photo semble emprunter à ces univers une ambiance ou un détail, tout en construisant une narration propre. Le titre de la série, d’ailleurs, évoque à lui seul une épopée visuelle.
« On voulait que la série ait sa propre histoire, tout en gardant un clin d’œil au lieu via le mot « palace », un peu magique et rétro. » – Elsa & Johanna
Une exposition en plein air, au cœur de la ville
La série est intégrée à la collection de la Cité des Sciences et bénéficie d’une visibilité rare : une exposition sur les quais de la station Champs-Élysées-Clemenceau, dans le métro parisien, visible pendant trois ans. Un dispositif qui inscrit l’œuvre dans le quotidien des passants, loin des circuits traditionnels de l’art.
« C’est une grande visibilité, et une très belle opportunité pour faire vivre ces images en dehors des murs d’un musée. Les voir en très grand format, c’est un plaisir énorme pour nous » Elsa & Johanna
Ce choix d’un espace public comme lieu d’exposition renforce l’universalité du projet. Il transforme chaque déplacement en ville en expérience visuelle, où l’on croise un fragment de fiction entre deux stations de métro.
Rêveries visuelles et mémoire collective
Certaines photographies capturent des moments presque suspendus. Elsa & Johanna évoquent notamment un autoportrait sur les toits du Palais, pris pendant une lumière de fin de journée.
« C’était un moment hors du temps, poétique et nostalgique » Elsa & Johanna
D’autres images les montrent dans l’atelier des menuisiers ou dans leur cuisine, des scènes à la fois simples et profondément humaines.
Leur objectif ? Créer des images qui convoquent à la fois des souvenirs individuels et une mémoire collective.
« Dans nos séries, nous cherchons à ce que les photographies puissent invoquer une mémoire personnelle et collective. Ici, la mémoire du cinéma et celle du Palais. » Elsa & Johanna

